1895 2026

Un siècle d’émotions au grand écran

1895

L’étincelle du septième art

Tout commence loin d’Orbey, avec l’invention des frères Lumière. Le cinéma se fait itinérant : projecteur sous le bras, les opérateurs sillonnent villages et vallées, jusque dans la grande salle de l’Hôtel Zimmerlin à Lapoutroie, bien avant qu’Orbey n’ait son propre cinéma.

Archive à venir

Programme du cinéma itinérant de Lapoutroie, vers 1895

1920

Orbey a enfin son cinéma : Le Rex

Orbey se dote de son propre cinéma fixe : Le Rex, installé à l’Hôtel des Bruyères. Sur l’écran, les images sont encore muettes, rythmées en direct par un pianiste.

Plan du Rex, Hôtel des Bruyères

1926

Un second cinéma, et une rivalité s’installe

Le 19 mai 1926, le Rex n’est plus seul : le Cercle Catholique Saint-Sébastien ouvre à son tour, salle des fêtes, terrain de sport et cinéma tenu par le curé du village. Deux salles, deux publics.

Le curé qui veillait sur Le Cercle Saint Sébastien voyait d’un mauvais œil le Rex, qui était devenu le lieu de rencontre du canton.

Laurent Beaulieu
Inauguration, 19 mai 1926

Le clan du Rex

Ambiance plus légère. Roby, chauffeur des Transports Petitdemange, fait la tournée du canton en bus pour amener les spectateurs.

Le clan du Cercle

Des films récents, choisis en accord avec la Centrale Catholique du Cinéma, recommandés par le curé depuis la messe.

1930 – 1965

Le Rex vacille, puis s’efface

La rivalité tourne court. Dès 1930, Le Rex devient salle de bal ; la guerre interrompt tout, puis la salle rouvre en 1954 avant de fermer pour de bon en 1965. Le bâtiment sera détruit en 1978 : deux bobines de film sont tout ce qu’il en reste aujourd’hui.

Le bâtiment était aussi grand que l’hôtel. Il le dominait même. Il mesurait vingt-deux mètres de long sur treize mètres de large, pour une hauteur de 12,40 m.

Laurent Beaulieu, propriétaire de l’hôtel-restaurant des Bruyères
Les deux bobines retrouvées
Ce qu’il reste du Rex

Photos DNA, Julien Kauffmann

1960 – 2011

Du 16 mm à la 3D

  1. 16 mm à lampe Jusqu’en 1960
  2. 35 mm à arc À partir de 1960
  3. Numérique et 3D À partir de 2011
Le 7 juin, le projecteur 35 mm reprend du service dans la cabine pour fêter les 100 ans du cinéma !
La pellicule dans le projecteur

1964

Naissance du Cinéma Familial

Maurice Voinson prend la direction des lieux et rebaptise la salle « Le Cinéma Familial ». À ses côtés, son cousin Guy Helfer prend en charge la projection. Il en assurera plus de 2 000 au fil de sa carrière, à raison d’une cinquantaine par an.

Pendant la guerre je m’étais déjà fabriqué une sorte de lanterne magique où je dessinais des images sur des plaques de verre pour les projeter au mur à travers une boîte à chaussures.

Guy Helfer
Plus de 2 000 films
Programmes 1964 · Familial et Rex, côte à côte

1966

26 000

spectateurs en 1966

« C’étaient des années fastes, notre meilleure année a été 1966. » Porté par Maurice Voinson et Guy Helfer, ce sommet reste à ce jour le record du Cinéma Familial.

1986 – 1989

L’ombre des grandes villes

Le sommet de 1966 ne dure qu’un temps. En 1986, l’ouverture du Colisée à Colmar rebat les cartes. Trois ans plus tard, la fréquentation s’est effondrée : seulement 6 700 entrées en 1989, contre 26 000 vingt ans plus tôt.

Maurice Voinson, directeur du Cinéma Familial

Trois générations de sièges se sont succédé chez nous ; on a d’abord eu des sièges de récupération. Pour la technique, on en est au cinquième système de projection.

Maurice Voinson
Le Colisée à Colmar

1994 – 1997

La mairie sauve la salle

Face à cette chute, la mairie d’Orbey rachète les murs du Cinéma Familial en 1994. Un chantier transforme la salle en espace multi-spectacles, réservée par convention à une future association.

Grâce à la ténacité d’une association de passionnés, la Ville d’Orbey a réussi à maintenir en activité sa salle de cinéma, fait rare pour une commune de 3 000 habitants.

Le Maire d’Orbey, lettre du 25 mai 1993

Après ces travaux, la salle rouvre le 14 mars 1997 et prend le nom qu’elle porte encore aujourd’hui : Le Cercle.

Avant
Après
Aujourd’hui

2006 – 2018

Le défi des mégaplexes

Le répit est de courte durée. Un géant de 18 salles, le CGR, ouvre à Colmar en 2006 : Le Cercle perd une partie de ses fidèles, en particulier les jeunes attirés par les séances du week-end en ville. Douze ans plus tard, le Colisée de Colmar ferme à son tour : même les grandes salles ne sont jamais à l’abri.

Le CGR de Colmar · Photo DNA

2010 – 2012

Le passage de relais

En 2010, les 186 fauteuils de l’orchestre et du balcon sont intégralement remis à neuf. L’année suivante, Guy Helfer, en cabine depuis 1964, prend sa retraite après un demi-siècle de projections argentiques.

C’était ça ou foncer dans le mur. Il faut suivre les envies du public.

Maurice Voinson, 2011

Maurice Voinson, président depuis la même époque, meurt subitement en 2012 après 47 ans à la tête de l’association. Philippe Simon lui succède et prend le flambeau.

2020 – 2022

Le choc du Covid et du streaming

La crise du Covid ferme les salles, classées lieux « non essentiels » pendant plusieurs mois, tandis que les plateformes de streaming s’installent durablement dans les habitudes du public.

Philippe Simon, président du cinéma Le Cercle

On est bien loin des 26 000 entrées de 1966. Aujourd’hui on comptabilise environ 7 000 entrées. Ce n’est même pas assez pour faire l’entretien et la maintenance du projecteur numérique…

Philippe Simon, 2022

Aujourd’hui

100 ans

Toujours porté par ses bénévoles et ses cinéphiles

Cent ans après la naissance du Cercle Saint-Sébastien, la salle continue de faire vivre l’image dans la vallée, de la caisse à la cabine, et grâce à des cinéphiles venus en famille depuis quatre générations.

Le hall en fête
100 ans du Cercle
L’équipe des 100 ans
Les bénévoles du Cercle

Palmarès

Les films qui ont fait le plus d’entrées au Cercle, année après année, de 1960 à aujourd’hui.

Depuis 1960

Survolez une barre pour voir le nombre d’entrées · sur mobile, faites défiler et touchez-la

  • Meilleur film de l’année
  • Record
  • Covid

Les plus vus

    Merci à ceux qui font vivre Le Cercle

    Merci aux bénévoles qui tiennent la caisse et la cabine depuis 1926, et à vous qui remplissez la salle. Cette histoire est aussi la vôtre.

    Contenus issus de l'exposition de Solène Brunstein (« Artiste en Collège »), avec la Mairie d'Orbey, le collège Georges Martelot, Vidéoval et Le Cercle.